Et nous fûmes!

Je vais te le dire bien franchement, ça fait deux mois que je travaille sur ce billet et… rien. Je pars sur une track et puis j’efface tout. Je suis super inspirée au début, puis en cours de route je réalise que mes mots n’arrivent pas à dire ce que pense ma tête. Et, estimant que tu vaux plus qu’une régurgitation non filtrée de mes idées, je cherche, tout de même, à donner une petite dose de pertinence à mes propos.

Dans ces moments de néant rédactionnel, je m’adonne à une introspection et je cherche un sujet qui pourrait nous unir, toi et moi; quelque chose qui nous ferait dire : « Je pensais que c’était juste moi! ». Mais il n’y a qu’une pensée qui me revient toujours en tête, celle qui m’allume autant qu’elle m’effraie : JE NE SAIS PAS. Pas dans le sens que je ne sais pas sur quoi écrire, mais dans le sens que je n’ai aucune espèce d’idée de ce qu’il se passe ici, dans ce qu’on appelle la « Vie ». Je ne sais absolument rien, en fait. Et au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, toi non plus. Non. Je ne suis pas en train de d’insulter, mon espèce d’ignorant toi, pas du tout. Je m’inclus là-dedans aussi.

« Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien » – Socrate

Je ne sais pas où je m’en vais, je ne sais pas si je fais bien ça « être un humain », je ne sais pas à quoi ça sert, je ne sais pas pourquoi… Oui, depuis le tout début les humains se posent ces mêmes questions, mais maudit, on est presque rendu à déménager sur Mars qu’on ne sait même pas ce qu’on fait icitte à la base. On veut aller ailleurs, soi-disant pour assurer la survie de l’espèce, sans savoir si, dans toute l’histoire de l’Univers, la race humaine mérite vraiment d’être sauvée. C’est vrai, il nous manque des renseignements importants gang! Tant et aussi longtemps qu’on ne sait pas à quoi on sert – parce qu’il s’agit d’une caractéristique typiquement humaine que de vouloir donner une fonction et une explication à tout – on devrait se calmer les nerfs sur la pérennité de la race.

J’ai l’air de mépriser mes compères comme ça en doutant de notre « importance », mais ce n’est vraiment pas mon point. C’est juste que j’aimerais beaucoup ça, moi, comprendre. Et si possible, avant de mourir. Parce que ça, oui, on s’entend là-dessus. Notre corps meurt à un moment donné. Il reste à déterminer si le reste meurt aussi, le reste étant la patente qui existe dans « la tête » qu’on appelle la conscience, l’esprit ou l’âme. Tu vois, même avec la certitude de la mort, l’humain ne sait même pas : les scientifiques disent quelque chose et les religieux disent autre chose. Moi ça ne me satisfait juste pas.

La meilleure façon pour moi de constater la petitesse (d’un point de vue matériel et non essentiel) de ma personne, et donc la petitesse de l’humain dans son intégralité – autant que dans sa globalité, est de simplement me coucher par terre sur le dos, à l’extérieur, un soir sans nuages, et de regarder le ciel. Bien que magnifique, avec ses milliards d’étoiles, l’immensité du ciel me déstabilise toujours. En fait, je dois t’avouer que depuis aussi loin que je me souvienne, regarder le ciel la nuit m’a toujours un peu fait peur. Je sais, je suis bizarre. Je ne sais pas trop comment l’expliquer. L’infini, l’inconnu… Ça doit être ça. Je n’ai pas peur des araignées, mais du ciel étoilé, oui! 😂

J’ai l’impression que l’humain, depuis qu’il est humain, ne fait que jouer à être humain! On transmet nos connaissances, on évolue (technologiquement, certes, mais fondamentalement, bof!). On fait ce que l’on croît être la bonne chose, individuellement et collectivement, mais au fond, encore à ce jour, personne n’a jamais réellement su WTF is going on!

Mais là, c’est bien beau prendre conscience de cette belle ignorance-là, mais on fait quoi?

Tu vas me dire, tel un Socrate moderne : « Moi je sais une chose, c’est que j’ai mon char pis mon hypothèque à payer, pis que mon boss est sur mon dos pour que je finisse mon dossier et que mes enfants feront la crise du bacon si je ne leur sers pas leur jus d’orange dans le bon gobelet; ça c’est si j’arrive à l’heure à la garderie parce qu’il y a encore du t******* de trafic, pis en plus j’ai oublié de partir le lavage et j’ai rien de prêt pour souper, fa que ta crise existentielle sur « qui suis-je? » et « où vais-je? » tu peux te la fourrer dans l’c….. ».

Woah! Prends un p’tit respire… Mais t’as raison. Je suis un peu intense. Et je comprends que nos obligations matérielles et physiques subsistent, et priment sur le besoin de tout analyser dans une dissertation philosophique. Mais justement, quand on a le nez un peu trop collé sur l’arbre, on ne voit pas la forêt. Il faut parfois prendre une légère distance pour mieux se recentrer ensuite. En fait, c’est nécessaire je crois.

Quand mes petites misères prennent trop de places, je pense aux étoiles et je me demande si on les verrait vue de là-haut. Et la réponse est toujours non.

C’est pas ma faute si c’est de ma faute!

J’ai longtemps cru, comme toi sûrement, que les choses « arrivent ». Par choses, je veux dire les événements ou tout ce qui compose la Vie (avec un grand V): les rencontres que l’on fait, nos activités, nos malchances, nos bons coups… Tout, en fait. Surtout quand les drames surviennent. « Pourquoi ça m’arrive? », qu’on s’interroge. Bonne question.

Non, je n’ai pas de diplôme quelconque en philosophie ni en psychologie. J’ai simplement essayé de comprendre à un moment donné comment ça fonctionnait cette affaire-là, ma tête. Continuer la lecture de « C’est pas ma faute si c’est de ma faute! »